FNI Réunion Au coeur de l'actualité libérale.

FNI Réunion Au coeur de l'actualité libérale.

L’actualité décape mais pendant ce temps-là, le Sniil mousse !

AVANT-PREMIERE: à paraitre dans AVENIR & SANTE N°425 de juillet

 

 

L’actualité décape mais pendant ce temps-là, le Sniil mousse !

 

Et pendant ce temps-là ça moussait au comptoir du café du commerce. Le 22 mai dernier au cercle de réflexion de « l’Observatoire de la Régionalisation du système de santé »*, quelques bons amis à la pensée effervescente refaisaient le petit monde la santé.

 

Parmi les experts du jour, Annick Touba, présidente du Sniil participait à « mettre en avant des avancées », sans doute de peur qu’un recul les fasse reculer. Elle apportait sur le zinc sa caution pour un monde de la santé meilleur. Un monde où, « l'intervention à domicile doit en effet être appréhendée comme un moyen d'améliorer l'efficacité des soins ». Un monde où on réinvente l’eau chaude : « Dans certains pays, il existe d’ores et déjà des structures qui proposent des aides à l'exécution des gestes de la vie courante ». Candide au pays des Béotiens, on fustige « la faible implication des pouvoirs publics » sans connaissance des dossiers chauds du moment, l’Acip* pour unique exemple parmi tant d’autres. On pleure sur l’absence « d’un diagnostic efficace de l’offre de soins territoriale », sans avoir la connaissance des premières années ARS consacrées au sujet, ou sur

« les distributeurs de soins », ces professionnels de santé comme des boutons de la machine sur lesquels on appuie pour que la barre de céréales au chocolat tombe, merci les infirmières.

 

 Quand on refait le monde on veut des professionnels « offreurs de santé ». Excusez du peu, pour être visionnaire il faut savoir exulter. Au café du commerce, on rit entre grands Yaka «d’un dispositif et sa coordination qui devront être pensés jusqu'au domicile, ainsi il sera possible de suivre le parcours du patient à travers la mobilisation de l’ensemble des acteurs ». S’agit-il de mettre une puce au patient comme la mère Michel à son chat ? On pouvait penser que le système doit s’assouplir pour rendre fluides et transparentes aux yeux au patient les prises en charge dont il relève.

Et ben non, il faut fliquer pour suivre le pion. On vous le dit pour de vrai, faut qu’on « construise des structures solides, dont certains modèles-types ». Lesquels ? « Il s'agit d'étayer de façon structurée un modèle de profession et d'outils adapté à des besoins en constante évolution, afin de favoriser l'émergence de nouveaux métiers de la coordination ». Bref, quelque chose de pas encore franchement défini mais qui assurerait la continuité, mais qui changerait et créerait du neuf. Ah, un exemple, l’échec du DMP : c’est du « déficit de formation et de culture informatique mais aussi du manque de pratique des professionnels de santé ».

 

Autrement dit, c’est du à quelque chose d’émergeant qui ressemblerait à un outil fait pour un suivi  en continuité d’une situation en évolution permanente. La cause même de l’échec devient la solution, ou l’inverse.

Cherchez l’erreur.

Mais ne bougez pas nos bons amis ont la solution et notre consœur, responsable syndicale et élue au conseil de l’Ordre infirmier de son département y souscrit  : on va vous former pour que rien ne soit plus comme maintenant et puis aussi investir dans du neuf : « la forme de partenariats public-privé, voire une réelle implication industrielle ».

Ouiiii , c’est mieux qu’une journée porte-ouverte aux labos, faites-les juges et parties, c’est tellement plus excitant !  Et puis avec ça, je fais sauter l’assurance maladie comme certains rêveraient de faire sauter la banque : « Il serait alors intéressant d’envisager un pilotage financier unifié réunissant de multiples acteurs, au-delà du seul secteur public, afin de dégager les moyens suffisants. Une collaboration avec des entreprises de santé serait d’ores et déjà envisageable dans le cadre d’un dialogue ouvert ». Allez stop, on ferme les écoutilles laissons à notre consœur sa caution donnée aux méga-gloutes, usines à gaz, financeurs à voile et à vapeur. L’infirmière est sage et dans les cercles qui sentent l’odeur du pouvoir elle ne dit mot et consent. Quand on a des amis autant partager leur ivresse, on veut en être.

Mais il ne faut pas faire de l’infirmière, une généralité car les Idels ne sont pas prêtes à devenir les petites mains du système imaginé par des amateurs de mousse. Laissez pisser, c’est de la petite bière.

 


 

 

* Organisé par  Nile Consulting

Le 22 mai 2014, le groupe de travail « Relation entre les acteurs » se réunissait pour débattre autour de la question «L’exercice collectif entre professionnels de santé : vers la réorganisation du modèle ? ».

Annick Touba, Présidente du Syndicat National des Infirmiers et Infirmières Libéraux (SNIIL) etDr Didier Ménard, Président de la Fédération des Maisons et Pôles de Santé d’Ile-de-France (FémasIF) sont venus nous faire part de leurs visions complémentaires, autour des évolutions des relations entre professionnels de santé, ainsi qu’entre soignants et soignés.

 

Ce Groupe de Travail, qui réunissait une vingtaine de décideurs et d’acteurs impliqués dans les relations entre les acteurs du système de santé, a donné lieu à des débats et des échanges qui permettent dès à présent à l’Observatoire de la Régionalisation de formuler 5 propositions pour améliorer les relations entre les acteurs :

  • Proposition 1 :  mettre en place une gouvernance efficace jusqu’au domicile
  • Proposition 2 : favoriser la transdisciplinarité via le levier de la formation
  • Proposition 3 : tirer des enseignements des expérimentations sur les nouveaux modes de rémunération (ENMR)
  • Proposition 4 : améliorer le système d’information grâce à une transmission des données efficace
  • Proposition 5 : repenser le mode de financement du système de soins à travers un partenariat multiple


13/06/2014
0 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 1484 autres membres